Ouvroir de Carouge (1884-1936)

L’Ouvroir protestant de Carouge a pour but de donner, pendant l’hiver, du travail de couture aux femmes protestantes nécessiteuses de Carouge.

Il a été fondé en octobre 1884, par un legs d’une centaine de francs de Mademoiselle Brocher. Une première vente a eu lieu dans sa maison, rue d’Arve 18, pendant l’été 1884.

L’Ouvroir a été placé d’emblée sur le terrain de l’alliance évangélique, c’est-à-dire que toutes les personnes pauvres protestantes (de l’Eglise nationale protestante et de l’Eglise libre) ont été admises à recevoir du travail.

Il est dirigé par un Comité de cinq dames : trois du Culte Evangélique et deux de l’Eglise nationale. La majorité est laissée aux premières, parce qu’elles formaient la majorité des fondatrices de l’œuvre.

Les dames du Comité s’entendent pour l’achat des étoffes, la coupe et la distribution du travail aux femmes.

Le pasteur du Culte Evangélique (c’est-à-dire le pasteur Théodore Décombaz) et le pasteur de l’Eglise nationale <protestante> assistent le Comité dans la direction générale de l’œuvre. Ils distribuent, à l’entrée de l’hiver, des bons de travail en nombre égal, suivant le chiffre possible, déterminé par le Comité des dames.

La Vente annuelle se fait en commun par les dames des deux Eglises et dans un local neutre comme le Stand. L’annonce de cette Vente dans les journaux continuera à se faire sous le titre de « Vente de l’Ouvroir protestant de Carouge ».

Il est intéressant de découvrir que cette œuvre donnait du travail pour 30 à 40 femmes nécessiteuses à Carouge.

Chaque Vente (au mois de septembre) produisait des bénéfices qui étaient, pour une part importante, réinvestis dans l’Ouvroir, pour assurer l’achat de matériel afin de continuer à fournir du travail en fin d’année (hiver) ; l’autre part était destinée à l’Evangélisation. Au moment du projet de construction de la Chapelle, une partie du produit de la Vente annuelle de l’Ouvroir a été versée à cet objet.

L’activité de l’Ouvroir cessa en 1936 en raison : de la création d’Ouvroirs dans les deux paroisses nationales de Carouge, d’un nombre toujours plus restreints de femmes dont plusieurs peu aptes aux travaux de l’aiguille, du fait que l’action n’a pas amené de membres et de ce que certains articles sont restés invendus, la mode ayant créé des modèles plus plaisants et meilleurs marché, les tissus acquis par l’Ouvroir ayant un prix élevé.

Tiré des Procès-verbaux du Comité de l’Ouvroir de Carouge – 1er Cahier