L’inauguration de notre chapelle (29 mars 1914)

Le Messager 23e année No 5 mai 1914 p.1

Inauguration de la Nouvelle Chapelle et Maison de Paroisse de l’Eglise libre à Carouge

Le dimanche 29 mars (1914), à 2 h. ¼, trois cents personnes se pressaient dans le nouveau local, rue Alexandre-Gavard 8 (note : c’était l’ancienne adresse du bâtiment), pour la consécration du bâtiment qui constitue le couronnement du beau ministère – non achevé, du reste – de M. le past. Th. Décombaz.

M. E. Deluz, président du Conseil… lit la Confession de foi, … et après le chant (Du rocher de Jacob) … Rom. XIII et la prière, M. Th. Décombaz salue les délégués des autres paroisses et des Eglises sœurs. Il fait l’historique de la dite « Maison ».

En 1904, le Presbytère autorisait la circulaire lançant l’idée de la nouvelle construction. La même année, la Société immobilière fut fondée, dont trois membres ont déjà été retirés à Dieu. En 1906, le terrain est acheté des consorts Bertrand. En 1907 eut lieu la fameuse vente comprenant une caisse de poteries de l’empereur d’Allemagne. Cette année marque la séparation de l’Eglise nationale de l’Etat… L’Eglise libre ayant décidé son propre maintien, le pasteur de Carouge renouvela en 1911 la demande de construire ; on l’invita à la patience. En 1912, il demanda à Dieu, comme signe de sa volonté, de lui faire trouver, dans l’année, une somme de 4’000 fr. ; il en reçut 5’850. En 1913, le Synode autorisa enfin l’érection demandée. L’architecte Arnaudeau remania très heureusement les plans précédemment dressés et les fit exécuter par l’entrepreneur Treyvaud… Chacun admirera ces locaux grande-salle de 250 places, 4 salles plus petites pour écoles du jeudi, ouvroir, etc. enfin l’appartement du concierge. Partout l’air, le soleil, l’espace. Il reste 9’000 fr. à trouver sur les 36 à 37’000. Une vente, à la Salle Centrale, aura lieu à cet effet à la fin d’avril… Cette maison, conclut M. Décombaz, servira à enseigner l’Evangile aux âmes, l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Le résumé de ce qui sera proclamé ici est Jean III, 16. La vérité de l’Evangile doit conserver toute sa rigueur et tout son tranchant. Il commente, en terminant, les trois passages inscrits sur la muraille, derrière la chaire : Act. XVI, 31, Matt. XXII, 37, et XXII, 39. Nous consacrons, dit-il, cette maison à Dieu et à sa gloire. Elle sera à la portée du quartier nouveau de la Praille résultant de la ligne de raccordement des deux gares. Après ce discours, un chœur de circonstance… et exécuté sous la baguette de M. Kunz.

M. A. Bernoud, président de la Commission administrative de l’Eglise libre, rend hommage, ensuite, à la ténacité et à la persévérance de M. Décombaz. Le niveau moral de notre canton baisse, les lieux d’amusement se multiplient, c’est la marée du matérialisme. Les locaux inaugurés récemment à Carouge devront opposer une digue à ce flot montant. Il devra s’y former des hommes droits, loyaux, sincères, qui feront triompher le bien et s’opposeront au mal. Ils rappelleront aux patrons, ouvriers, négociants et clients la devise : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

M. Coeytaux, délégué de l’Eglise protestante de Carouge, est heureux de cette inauguration d’un bâtiment dont il aime la silhouette. Nous devons travailler en amis ; quoique nos moyens diffèrent un peu, notre but est le même : glorifier Dieu et établir la paix sur la terre.

M. le curé Jacquemin (Eglise catholique-chrétienne) connaît et apprécie M. Décombaz depuis trente ans. « Nous sommes amis, mais aussi associés et frères. Nous voulons que le monde soit sauvé par le nom de Jésus-Christ. Nous n’admettons pas le rationalisme religieux ; nous acceptons le Christ comme Sauveur du Monde, mort et ressuscité pour nous sauver… Travaillons la main dans la main. Votre pasteur est un chrétien dans toute l’acception du mot ; que Dieu bénisse son ministère ; que cette maison soit celle de l’Eternel ! Je souhaite à votre paroisse bonheur et prospérité. »

M. Le past. Reymond (de la paroisse de la Rive Droite) félicite le pasteur et la paroisse de ce jour de fête, auquel le premier soleil du printemps a voulu contribuer. Le local fait une excellente impression. « Je vous félicite surtout de vos bancs ; ils ont le grand avantage de ne pas « coller », c’est la première fois que j’en fais la constatation. Puissent les auditeurs montrer leur affection envers les pasteurs en occupant les premiers bancs ; c’est la première preuve d’humilité qu’ils puissent donner. Puisse cette maison être un lieu de naissance pour beaucoup et que la présence de Dieu soit toujours ici ! »

Un chœur et une prière terminent la cérémonie. L’auditoire se disperse et visite les diverses salles où une tasse de thé lui est offerte.

E.L. (Emile Lenoir ?)